Bourse
Le marché financier de l’impression 3D
Quelles sont les tendances boursières ?
Le secteur de l’impression 3D évolue à une telle vitesse, notamment par le fait de stratégies d’acquisitions agressives, qu’une tentative de synthèse sur la question paraît complexe. Il existe pourtant des dynamiques du secteur pour comprendre les tendances boursières de l’impression en 3D.
Il est très difficile à l’heure actuelle de savoir qui, des utilisateurs, des fournisseurs de matériaux, des fournisseurs de logiciels, des fabricants d’imprimantes, ou encore des nouveaux services dédiés, profitera le plus du surplus économique ainsi créé. Où se trouve la valeur, c’est la question que se posent tous les investisseurs, ainsi que les groupes spécialisés dans l’impression 3D qui multiplient les acquisitions à tous les échelons (en Europe on pense par exemple au groupe Gorgé). Ainsi certaines capitalisations boursières ont pu être surévaluées. Le rachat de Makerbot par la société Stratasys pour 403 millions de dollars à l’été 2013, est un exemple de cette bulle boursière spéculant sur la pénétration rapide des imprimantes 3D personnelles dans les foyers, alors que tout le monde tombe d’accord pour estimer que les barrières à ce mouvement sont encore nombreuses (appropriation des logiciels numériques par le grand public, usage limité).
Les 30 plus grands acteurs de l’impression 3D possèdent leur propre indice à la bourse de New York : l’indice Stoxx Global 3D Printing Pure Play. Depuis son introduction en 2011, les valeurs ont quadruplé jusqu’à fin 2013. La première capitalisation boursière, celle de l’américain 3D Systems, a quasiment été multipliée par 10 de 2011 à 2013. Ces niveaux de capitalisation ont fait pense à une nouvelle bulle technologique, similaire à la bulle internet de 2000. En effet, les capitalisations dépassaient de 60 fois le niveau des bénéfices de ces sociétés de l’impression 3D.
Indice boursier de l’impression 3D à la date du 12 décembre 2015 :Pourtant, début 2014 s’est opérée une correction, qui malgré les inquiétudes des investisseurs, a permis d’éviter l’éclatement : le cours de l’américain Stratasys, un des poids lourds de ce secteur en devenir, a reculé de 26 % et celui de 3D Systems Corporation a chuté de 48 %. Une chute vertigineuse, mais qui n’a pourtant pas affecté le niveau de valorisation de ces groupes cotés de l’impression 3D qui reste très élevé, en moyenne 8 fois supérieur à leurs chiffres d’affaires.
Il semble que les marchés financiers aient réévalué la cote des entreprises à la hauteur des espérances industrielles réelles qu’elles portent (solutions à la personnalisation de masse) plutôt qu’aux fantasmes qu’elles ont peut-être développé au début des années 2010 sur la prétendue démocratisation imminente de l’imprimante 3D. Les annonces d’investissements faits par des nouveaux entrants poids lourds, comme Hewlett-Packard, Toshiba, ou encore Google Alphabet, ont probablement rassuré les investisseurs sur la capacité des sociétés à développer encore leur R&D pour atteindre les objectifs d’industrialisation. Pour l’année 2015, il est encore trop tôt pour tirer un bilan sur les tendances boursières de l’année.
Impression 3D : vers un nouveau marché de l’emploi ?
