Le secteur de la mode est largement touché par la fabrication additive, qu’elle s’invite sur les podiums des grands défilés ou au travers d’imprimantes domestiques … Quels sont les réels enjeux de l’impression 3D dans le secteur de la mode ?

Les créateurs s’intéressent depuis quelques temps à l’impression 3D, Iris Van Herpen, créatrice hollandaise s’est d’ailleurs imposée comme chef de file de cette nouvelle tendance. Grâce à la possibilité de création extraordinaire qu’offre la fabrication additive, les robes deviennent de plus en plus extravagantes.

Catherine Wales, designer londonienne, a imprimé des pièces tout à fait uniques et sur mesure. En effet, à regarder comme ça, ces pièces n’ont pas l’air très pratiques ni confortables. Il n’en est cependant rien ! Grâce au procédé de scanning, qui permet de créer des pièces parfaitement sur mesure. Repensons donc notre vision du sur-mesure comme onéreux et parfois approximatif, il s’agit là,  d’épouser parfaitement chaque courbe du corps scanné. On perçoit ainsi de nouveaux enjeux pour l’impression 3D et le secteur de la mode. Le scanning permet de proposer des solutions personnalisées pour toutes les morphologies et non plus, comme aujourd’hui, un choix très limité pour les personnes n’appartenant pas aux « tailles standards ».

Dita Von Teese par exemple, a porté une robe imprimée en 3D à l’occasion d’un défilé à New York. Cette robe résultant d’un partenariat entre designers et Shapeways, était de plus ornementée de 12 000 cristaux Swarovski. D’autres créations ont suivi cette tendance de robe sur mesure et imprimée en 3D. Notamment la robe du studio Nervous System. Imprimée en une seule fois et ne nécessitant aucun assemblage. La fabrication additive propose une nouvelle vision du sur-mesure grâce au procédé de scanning.

Robe Kinematics

Robe Kinematics & Nervous System

Ci dessus (de gauche à droite) Dita Von Teese, Création d'Iris Van Herpen. En dessous les créations de Catherine Wales

Ci dessus (de gauche à droite) Dita Von Teese, Création d’Iris Van Herpen

En dessous les créations de Catherine Wales

Les prochains défis alliant impression 3D et mode seront de trouver des textiles imprimables en trois dimensions. Les pièces présentées ci-dessus sont imprimées en frittage de poudre polymère. Leurs géométries s’apparentent à  la côte de maille ou du grillage. Le résultat n’offre pas une grande fluidité à l’inverse  du coton, de la laine, des tissus synthétiques… La start-up Electroloom propose un procédé d’impression différent, qui promet de belles perspectives. Ce process est pour l’instant en R&D.

Ces formes relevant presque de la science fiction permettent aux designers de repenser le champ des possibles de la mode et du luxe. Iris Van Herpen parlait, lors d’une de ses interviews, de ce que lui avait apporté la fabrication additive en terme de capacité de visualisation. « Cette technique m’inspire, car je visualise mes créations en plusieurs dimensions. C’est très réducteur de les coucher sur papier, de les aplatir, pour leur redonner forme et volume par la suite. »

Si certains créateurs se plient au jeu des nouvelles technologies, d’autres s’inquiètent. Quelle sera la valeur ajoutée d’un objet de créateurs si les fichiers 3D peuvent s’échanger et qu’il ne suffit plus que d’imprimer ? Les imprimantes 3D se démocratisent et le secteur de la haute couture perçoit également les risques que peuvent engendrer la fabrication additive.

De nombreux accessoires sont également imprimables en 3D tel que les chaussures, les sacs à mains … Etant plus adaptés à des matériaux rigides, ils semblent plus facile de concevoir et d’intégrer ce type d’accessoires dans notre quotidien.

 

 

 

Ci dessus un sac à mais de Mixee Labs, le collier Mother in Chains de Robert Elford, chaussures par Strvct shoes

Ci dessus un sac à mais de Mixee Labs, le collier Mother in Chains de Robert Elford, chaussures par Strvct shoes

La fabrication additive permet donc de débrider les créatifs : la mode devient un secteur prometteur pour l’impression 3D et les créations en sont d’autant plus originales. Bien que certaines personnes de ce secteur soient très emballées à l’idée de se moderniser, d’autres semblent plus réticent. Cette inquiétude, bien que compréhensible, doit être modérée. Les marques vont devoir dans les années à venir, repenser les termes de la propriété intellectuelle notamment vis à vis des modèles de créations.

 

De nombreux autres artistes, créateurs, designers utilisent l’impression 3D dans le secteur de la mode et de la haute couture. En voici quelques exemples :

Lady Gaga : robe et coiffe imprimées en 3D

Gaga

Francis Bitonti 

Sans titre

Noa Raviv

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Danit Peleg 

Photo-credit-Daria-Ratiner-23

Gabriela Ligenza 

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